
Inverser une grille latine et coller une police arabe n'est pas du design bilingue. L'écriture arabe a ses propres rythmes, ses ligatures, sa ligne de base, sa densité. Elle demande une attention égale, parfois supérieure, à celle que l'on accorde au latin.
Au Maroc, une marque sérieuse vit souvent en trois langues : français, arabe, parfois anglais. Si l'arabe est traité comme une traduction de dernière minute, le système visuel craque. Le public le sent, même s'il ne sait pas le nommer.
Des fonderies, pas des rustines
Il existe aujourd'hui des familles nativement conçues pour le bilinguisme : mêmes poids, mêmes hauteurs d'œil, mêmes intentions. Les choisir tôt, dès la charte, évite les bricolages. Tester les ligatures, les voyelles, les titres longs. Vérifier le comportement en signalétique comme à l'écran.
L'arabe n'est pas une version miroir du latin. C'est une langue visuelle à part entière.
Nous concevons nos identités pour tenir dans les deux sens de lecture. Cela commence par la typographie, continue dans la composition, et se vérifie sur le papier comme sur la façade. Un studio basé à Rabat n'a pas le droit de traiter l'arabe en option.



